Quand les émotions débordent : que faire (et ne pas faire) ?
- Thomas G. Frenette

- 21 juil. 2025
- 3 min de lecture

Chez les tout-petits, les émotions prennent souvent toute la place. Une crise soudaine, des pleurs intenses, un cri dans un lieu public... Ces réactions vives peuvent sembler excessives aux yeux des adultes, mais elles traduisent une réalité simple : l’enfant vit quelque chose qu’il ne comprend pas encore, qu’il ne sait pas nommer et qu’il est incapable de gérer seul.
En tant que parent, éducateur ou adulte bienveillant, notre rôle n’est pas d’éteindre l’émotion à tout prix, mais plutôt de l’accueillir, de la contenir, et d’accompagner l’enfant dans l’apprentissage de sa régulation émotionnelle.
Ce qu’il est utile de faire
Se réguler soi-même d’abord
Un enfant en crise a besoin d’un adulte stable. Avant toute intervention, il est essentiel de prendre une respiration, de garder son calme et de se rappeler que l’enfant n’est pas en train de "faire un caprice". Il vit une tempête intérieure. Plus l’adulte est ancré, plus il peut jouer son rôle d’apaisement.
Valider l’émotion vécue
L’enfant n’a pas encore les mots ni les outils pour exprimer ce qu’il ressent. En validant son émotion, on lui montre que ce qu’il vit est légitime. Cela peut ressembler à :
"Tu es fâché parce que tu voulais continuer à jouer. C’est difficile d’arrêter quand on s’amuse." Valider ne veut pas dire céder, mais simplement reconnaître ce qui est ressenti.
Maintenir un cadre rassurant
Accueillir l’émotion ne signifie pas laisser tout passer. Les limites demeurent importantes, mais elles peuvent être posées avec douceur. Dire :
"Je ne te laisserai pas frapper. Je suis là pour t’aider." Permet de protéger tout en sécurisant.
Attendre que l’émotion passe pour intervenir
En pleine crise, le cerveau de l’enfant est dominé par les émotions. Le raisonnement ne fonctionne plus. Inutile de vouloir expliquer ou négocier sur le moment. Mieux vaut attendre que le calme revienne avant de discuter ou de réfléchir à ce qui s’est passé.
Offrir des outils adaptés
L’enfant peut apprendre à reconnaître et exprimer ce qu’il ressent. Livres, peluches réconfortantes, pictogrammes d’émotions, coin calme… Ces outils peuvent l’aider à mieux comprendre ses ressentis et à développer son vocabulaire émotionnel.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Punir ou isoler un enfant en crise
L’isolement comme sanction, en pleine tempête émotionnelle, envoie un message de rejet. Il peut accentuer le sentiment de détresse. Si l’enfant a besoin de se calmer seul, cela peut lui être proposé après l’épisode, dans une optique d’apaisement, jamais comme punition.
Minimiser ou ridiculiser l’émotion
Dire à un enfant qu’il "exagère", qu’il est "trop sensible" ou qu’il "pleure pour rien" peut être profondément blessant. Cela invalide son vécu et peut le pousser à refouler ses émotions plutôt qu’à les comprendre.
Chercher à tout régler immédiatement
Certaines émotions doivent simplement être vécues. L’enfant n’a pas besoin qu’on "répare" la situation, mais qu’on l’accompagne dans ce qu’il traverse. Le simple fait d’être là, calme, présent, sans pression, est souvent suffisant.
Interpréter l’émotion comme une manipulation
Un jeune enfant n’a pas la maturité cognitive pour manipuler volontairement les adultes avec ses émotions. Derrière un comportement intense se cache souvent un besoin non comblé ou une surcharge émotionnelle. Garder cette perspective permet de réagir avec plus de compassion.
En conclusion
Lorsqu’un enfant déborde émotionnellement, il ne cherche pas à défier l’adulte. Il demande de l’aide, à sa façon. Plus nous répondons avec empathie, constance et douceur, plus nous l’aidons à construire sa propre boîte à outils émotionnelle.
Chez Nounou & Lapinet, nous croyons profondément que chaque émotion est une occasion d’apprentissage. C’est dans ces moments, parfois chaotiques, que l’enfant découvre qu’il est aimé et soutenu… même (et surtout) quand il ne va pas bien.



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