Les écrans : alliés ou ennemis des parents ?
- Meggie Vallée

- 17 mars 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 avr. 2025

Une consommation excessive des écrans
Depuis quelque temps, j’ai remarqué que mes enfants consommaient pas mal d’écrans : 30 minutes le matin, parfois une heure le soir. Maman de trois jeunes enfants (4 ans, 6 ans et un bébé de six mois), il est parfois naturel et même pratique d’installer mes plus vieux devant un écran lorsque je dois préparer le souper ou accomplir une tâche qui exige du temps. Pourtant, j’ai commencé à observer un réflexe inquiétant : dès leur retour de l’école ou de la garderie, mes enfants s’installaient immédiatement sur le canapé et réclamaient une émission de télévision. Cette habitude s’est progressivement ancrée dans notre quotidien, et j’ai réalisé que je n’avais pas toujours le contrôle sur le contenu qu’ils regardaient.
Des propos inappropriés et un vocabulaire perturbé
Sur certaines plateformes comme Netflix, des propos ne correspondaient pas aux valeurs que je souhaite leur transmettre : des expressions comme « tu es nul » ou « sac à puce » sont soudainement devenues partie de leur vocabulaire, ce que je trouvais inacceptable.
Les effets négatifs sur leur comportement
J’ai aussi remarqué un autre effet troublant : après avoir été exposés aux écrans, mes enfants manifestaient souvent des signes de frustration dans les 15 à 20 minutes qui suivaient. Ils perdaient patience face à un jeu, se disaient incapables d’y arriver, se fâchaient plus facilement et pouvaient même avoir des excès de colère. Ces comportements étaient réellement perturbants et semblaient surgir sans raison apparente.
En observant ce schéma à plusieurs reprises, j’ai fini par faire le lien avec leur temps d’écran. Comme s’ils avaient du mal à passer d’un état passif à une activité qui demandait plus d’effort cognitif et moteur, ou comme si la surexposition aux stimuli rapides et immersifs des écrans rendait plus difficile la gestion des frustrations dans le monde réel.
Les effets d’une exposition prolongée aux écrans
En tant qu’éducatrice en CPE, je connais les effets négatifs d’une exposition prolongée aux écrans : diminution de la capacité d’attention, impacts sur le sommeil et réduction des interactions sociales. Pourtant, même en ayant conscience de tout cela, je m’étais laissée prendre au piège du « ce n’est pas si pire, tout le monde le fait ». Aujourd’hui, je réalise à quel point les écrans exercent une attraction puissante sur les enfants et combien il est bénéfique de les en éloigner, surtout en bas âge.
Une décision réfléchie : diminuer les écrans en semaine
Face à ce constat, mon conjoint et moi avons pris une décision réfléchie : diminuer le temps d'écran pendant les jours de semaine. Cette transition, bien que difficile au départ, a ouvert la porte à une toute nouvelle dynamique familiale et a permis de réduire le temps d'écran de mes enfants.
La solution n'est pas d'interdire complètement les écrans, car, comme je l'ai mentionné plus tôt, il est parfois naturel et même pratique d'installer mes aînés devant un écran lorsque je dois préparer le souper ou accomplir une tâche qui exige du temps. Cependant, je dois garder un esprit critique et ne pas en abuser. Mon défi, lorsque cette solution semble inévitable, est de m'assurer que le contenu que mes enfants regardent est approprié.
Une autre solution que j'ai trouvée est d'inviter mes enfants à cuisiner avec moi. Non seulement cela me permet de passer du temps de qualité avec eux, tout en m'assurant de leur sécurité, mais cela leur permet aussi d'apprendre tout en étant activement impliqués dans le processus. Par la suite, ma fille, par exemple, aime reproduire ce qu'elle a observé en jouant à des jeux de rôle de cuisine, renforçant ainsi son imagination. C'est une manière pour elle de s'approprier le monde des adultes tout en s'amusant et en développant sa créativité.
L’importance de l’équilibre et de la qualité du contenu
Cela dit, il ne s’agit pas non plus de se culpabiliser en tant que parent. Nous n’avons pas « brisé » nos enfants parce qu’ils regardent la télévision entre 30 minutes et une heure et demie par jour. Les écrans font partie de notre réalité, et il est normal d’y avoir recours à certains moments.
Par contre, il est essentiel d’être conscients de leur impact et d’adopter une approche réfléchie. Ce qui compte, ce n’est pas seulement la durée d’exposition, mais aussi la qualité du contenu. Il existe des émissions éducatives et bien conçues qui stimulent le langage, la curiosité et la réflexion : je pense à Passe-Partout ou à des documentaires sur les animaux et les insectes. L’important, c’est de privilégier des émissions qui apportent quelque chose à l’enfant plutôt que des contenus qui se résument à une simple surstimulation visuelle.
Redécouvrir le plaisir du jeu créatif
Plutôt que de consommer passivement du contenu, mes enfants ont redécouvert le plaisir du jeu actif et créatif. Pour les aider à choisir une activité, j’ai mis en place un tableau imagé rempli d’options : bricolage, casse-tête, cherche-et-trouve, jeux de rôle, parcours moteur, dessin, blocs aimantés, jeux de ballon et bien d’autres. Lorsqu’ils ne savent pas quoi faire, ils peuvent s’y référer et choisir en toute autonomie.
Encourager des activités créatives et actives permet à mes enfants de mieux se développer sur le plan intellectuel, social et émotionnel, tout en leur offrant une alternative saine aux écrans.
Des résultats impressionnants
Les résultats ont été impressionnants. J’ai remarqué une nette amélioration de leur persévérance lorsqu’ils jouent, ainsi qu’un regain de créativité. Ils prennent le temps d’explorer, d’inventer des histoires, de collaborer entre eux. Ce que je croyais être une solution de facilité — les placer devant un écran pour me libérer un moment — s’est révélé être une contrainte bien plus lourde qu’il n’y paraissait. En redirigeant mes enfants vers des activités plus actives, je leur ai offert des opportunités d’apprentissage et d’épanouissement bien plus riches. De plus, je remarque que depuis qu'ils passent moins de temps devant les écrans, mes enfants ne parlent plus de télé ou de jeux vidéo. Leur première initiative est désormais de jouer avec leurs jouets et de me demander d'aller s'amuser dehors.
Encourager des alternatives aux écrans
Je suis convaincue que davantage de familles gagneraient à faire ce virage. Encourager le jeu extérieur, le jeu Loin des Écrans de la collection Nos Bons Moments de Pomango, les jeux de rôle et les activités manuelles pourrait grandement aider à développer la concentration des enfants et à préserver leur imagination. Je crois sincèrement qu’il est de notre responsabilité, en tant que parents, de les encadrer afin de leur offrir un équilibre dans ce monde où tout est à leur portée !
Meggie Vallée, éducatrice.
Livre intéressant sur le sujet : parution prévue le 22 avril : Les écrans et les enfants de Sarah Hamel, psychoéducatrice, et Julie Parent, orthophoniste.



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